1er mai 2013 FO DEUX-SEVRES

, par udfo79

En présence d’Anne BALTAZAR, Secrétaire Confédérale FO

Interventtion d’Anne BALTAZAR

En ce jour du 1er mai 2013, la confédération FORCE OUVRIÈRE adresse son salut fraternel à l’ensemble des travailleurs. Ce 1er mai, journée internationale de solidarité et de revendications, est l’occasion de faire un tour d’horizon de la situation des travailleurs et des syndicalistes du monde entier.

Pour ces derniers, le constat est toujours le même, les syndicalistes sont les premières cibles d’oppression, de violence et on décompte encore 75 syndicalistes assassinés en 2012 et encore beaucoup trop menacés de mort ou même en détention.

Partout où les peuples sont menacés dans leur quotidien, en particulier dernièrement en Corée, en Inde mais aussi au Mexique, les syndicalistes sont parmi les premiers à faire l’objet de mesures répressives mais partout les salariés se battent et résistent, défendent leurs conditions de travail et leurs revendications.

Comité des femmes CSI : syndicalistes africaines, indiennes, birmanes (syndicalistes licenciés pour avoir osé réclamer des augmentations de salaire) ou le Qatar (action CSI contre le Qatar car pas de syndicat … selon la CSI, le Qatar est un Etat esclavagiste du XXIe siècle : (Mondial 2022) travailleurs immigrés passeport confisqué, température 50° … morts …).

Ce jour de revendications est aussi l’occasion de parler encore et encore de cette crise du capitalisme financier qui s’éternise et de cette austérité qui s’installe durablement au plan international, européen et dans notre pays. Un mot sur la situation internationale. Ce sont plus de 200 millions de chômeurs que compte le monde en 2013 et c’est loin d’être fini puisque l’Organisation Internationale du Travail prévoit une augmentation de ce nombre de plus de 5 millions en 2013 et de 3 millions en 2014. Ce qui ferait un taux de chômage mondial à plus de 6 % de la population active. Face à ces chiffres et ce constat, il y a urgence, mes camarades, à remettre en cause le modèle capitaliste, libéral et financier. Nul besoin n’est de rappeler ce qu’il continue de se passer en Grèce, en Espagne, au Portugal ou même récemment à Chypre pour en être convaincu ! Au niveau européen, la récession est belle et bien là, le chômage est à 12 % dans la zone euro et devrait encore progresser à 27 % en Grèce et 26,9 % en Espagne, respectivement 60 % et 55 % chez les jeunes. Face à cette situation dramatique renforcée par les mesures d’austérité drastiques opérées dans ces pays, FO le répète inlassablement, la résolution de la crise passe par une rupture à trois niveaux : international, européen et national.

De fait, cette crise étant une crise de système au niveau international, elle exige des décisions à ce niveau. La question des paradis fiscaux : en la matière, il s’agit de réglementer pour interdire ces « trous noirs » de la finance et de la fiscalité. Les déclarations ne suffisent pas et n’engagent que ceux qui les croient, ce sont des actes qui sont attendus. Comment peut-on croire que les peuples subiront l’austérité sans réagir quand certains échappent à l’impôt (y/c en France …) et que les inégalités se creusent ? Le renforcement de la solidarité syndicale aux niveaux international et européen est donc plus que nécessaire.

Au niveau national, l’austérité ne dit pas son nom mais est belle et bien présente et se répand. Il y a longtemps que nous expliquons que les 3 % de déficit budgétaire ne seront pas respectés en 2013 et que cette norme dogmatique est dangereuse car en France, après avoir augmenté les impôts et réduit les dépenses, l’heure est encore au serrage de boulons. Les dépenses publiques et sociales sont comprimées, accentuant ainsi la rigueur et la récession, alors que la croissance économique est nulle, que le chômage augmente fortement atteignant et dépassant (chiffres récents) le record absolu de 1997, 10,2 %. 3 224 600 demandeurs d’emploi, sans emploi et tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi en mars 2013 ! Toutes catégories confondues, nous arrivons à 5 348 000 personnes inscrites à Pôle Empoi.

Il est clair que la priorité affichée est bien la consolidation budgétaire et non l’emploi et la lutte contre le chômage. Or, l’austérité nous mène dans le mur. Comme commencent à le reconnaître des économistes ou comme le montrent des rapports récents de l’Unicef ou d’autres organismes internationaux, l’austérité, la compétitivité, la flexibilité augmentent le chômage, la pauvreté et accroissent les inégalités, à tous les niveaux. Et poussent vers la récession et la fragilisation du fonctionnement démocratique.

Ainsi, après avoir annoncé qu’en 2013 les efforts ont porté à 70 % sur l’augmentation des recettes et à 30 % sur la diminution des dépenses, le gouvernement annonce pour 2014 une évolution inverse. Cela signifie encore plus de réductions des dépenses publiques et sociales … De même, l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 transposé dans une loi qui va s’appliquer prochainement, salué par les milieux financiers et la commission européenne, constitue un accord d’accompagnement de cette politique économique d’austérité. Cela justifie pleinement nos appels à manifester les 5 mars et 9 avril derniers et notre pression militante auprès des députés et sénateurs contre la transposition de l’ANI en projet de loi dont nous avons réclamé le retrait.

En effet, par rapport au texte de l’ANI, des rectifications ont été apportées au projet de loi voté à l’Assemblée nationale et au Sénat mais le fond demeure, à savoir pour l’essentiel la flexibilité réclamée depuis longtemps par le patronat. C’est-à-dire notamment l’instauration des accords de maintien dans l’emploi avec baisse possible des salaires et abandon de l’obligation de faire des plans de sauvegarde de l’emploi, mais aussi mobilité interne forcée et raccourcissement des délais de procédures pour les PSE.

Sur des éléments clés liés à la flexibilité, nous ne pouvons en aucun cas être d’accord avec des dispositifs remettant en cause les droits des salariés. On le voit, réforme du marché du travail, réforme ou contre-réforme annoncée sur les retraites, réduction des dépenses publiques, le cocktail libéral est de sortie. Il est de notre rôle devant ce constat de mettre en garde le gouvernement car la remise en cause des services publics par la MAP, l’acte III de décentralisation, les velléités de durcir les conditions pour la retraite, la facilité des licenciements, la stagnation des salaires, non seulement sont destructrices socialement mais économiquement dangereuses et inefficaces.

En notre qualité d’organisation syndicale libre et indépendante, nous savons prendre nos responsabilités et si les pouvoirs publics persévèrent dans cette voie, il n’y aura pas d’hésitation à se mobiliser, voire même à convaincre de la nécessité d’une unité d’action. Nous l’avons montré à l’occasion de notre action du 5 mars dernier pour la mobilisation contre l’ANI du 11 janvier et sa transposition législative avec la CGT. Cet appel conjoint à se mobiliser a rassemblé le 5 mars plus de 200 000 manifestants sur l’ensemble du territoire. Mais aussi à l’occasion du 9 avril, autre jour de rassemblements et d’actions, puisque c’est le jour de l’examen et du vote du projet de loi à l’Assemblée nationale.

On le constate à travers ces deux exemples, FO n’a pas de problème avec l’unité d’action quand elle se justifie, quand elle est nécessaire et possible sur la base de revendications claires et de modalités acceptées. Par contre, nous refusons de nous inscrire dans une démarche permanente d’intersyndicale virant au syndicat unique qui est contraire à notre attachement à la liberté syndicale.

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Flexibilité, baisse du pouvoir d’achat et réduction des dépenses publiques et sociales constituent le triptyque d’une politique d’austérité. C’est la flexibilité du social imposée face à la rigidité de la politique économique.

Ainsi, ce que fait le gouvernement en matière de dépenses publiques est révélateur. Avec la MAP qui prolonge et accentue la RGPP, la RéATE 2 qui va accroître la désertification de la présence de l’Etat dans les départements et l’acte III de la décentralisation qui risque, avec la décentralisation à la carte, de balkaniser la république, c’est bien une logique de remise en cause du service public républicain et des valeurs républicaines qui se met en place. Ce que bien entendu une organisation comme FO, profondément républicaine, ne saurait accepter.

C’est pourquoi nous nous félicitons que le projet de création d’une collectivité territoriale unique en Alsace ait été rejeté par les Alsaciens. Il s’agissait de supprimer 2 départements, d’instaurer des droits locaux spécifiques adaptant les lois et les politiques publiques nationales, d’éloigner et de supprimer des services publics aux usagers, et de supprimer 40% des effectifs des conseils généraux 67 et 68 et du conseil régional d’Alsace.

FO a appelé à voter NON au référendum local du 7 avril, et s’est mobilisée en ce sens.

Mais attention des schémas similaires sont à l’étude dans plusieurs régions et préfigurent la disparition des départements.

Et l’acte III de décentralisation, même tronçonné en plusieurs lois, vise à instaurer cette « République des territoires » :

-  nombreux désengagements de l’Etat,
-  nouveaux transferts de missions vers des collectivités différentes,
-  répartition des compétences publiques entre collectivités différente d’une région à l’autre,
-  consécration de la région comme chef de file stratégique créatrice de politiques et droits régionaux,
-  etc.

Pour FO cette « décentralisation à la carte » va entraîner un accroissement des inégalités et une différenciation du droit et de la déclinaison des lois et des politiques publiques nationales d’une région à l’autre.

Associée à la MAP et à la Réate 2, cette décentralisation conduit à l’éloignement des services publics des usagers, à la désertification de la puissance publique en particulier en zones rurales, à une balkanisation de l’action publique, à des suppressions d’effectifs publics du fait des mutualisations-fusions, et à des mobilités forcées pour plus de 400 000 agents (Etat et territoriaux) sur 10 ans. Les fonctionnaires FO, avec la Confédération, marquent leur opposition à un projet qui remet en cause l’indivisibilité, la cohérence, la lisibilité, l’unicité et, du coup, l’égalité républicaine, c’est-à-dire l’égalité de droit.

De plus, les agents de la Fonction publique continuent à faire les frais de la crise économique, puisque le gouvernement, après 3 ans de gel du point d’indice, refuse toujours d’aborder cette question, la reportant à mi-2014 ! La FGF-FO a raison d’envisager, avec 5 autres fédérations de la Fonction publique, la préparation de nouvelles manifestations faute de réponse à leurs attentes lors de la prochaine séance de négociation salariale le 21 mai. Ce qui m’amène à évoquer le sujet de la représentativité.

Nous avons eu les résultats de la représentativité dans le secteur privé le 29 mars dernier. En obtenant 15,94 % en tout et 18,23 % en poids relatif pour la négociation au niveau interprofessionnel, notre organisation confirme nettement sa troisième place dans le paysage syndical. Ces résultats sont le fruit de tout le travail syndical effectué sur le terrain par les équipes syndicales : syndicats, UD, fédérations et confédération, qu’il faut saluer.

Pour autant, il ne faut pas dormir sur nos lauriers et il nous faut, forts de ces résultats, nous développer encore plus en nous implantant là où nous ne sommes pas présents et nous développer là où nous sommes présents. En effet, il est important de savoir que nous avons obtenu 15,94 % en terme d’audience avec 55 % de taux de présence dans les entreprises, ce qui signifie que si nous étions implantés dans 70 % des entreprises, nous pourrions obtenir plus de 20 %. Le développement est une priorité pour notre organisation.

Comme vous pouvez le constater, mes camarades, nous avons encore du pain sur la planche.

Aujourd’hui, en ce jour de solidarité internationale et de revendications sociales, c’est le moment de rappeler l’attachement de FO aux valeurs républicaines, mais aussi de rappeler qu’il nous faut contester avec force et détermination le racisme et l’antisémitisme, ainsi que la xénophobie qui se développent malheureusement en ces temps de crise, comme toutes les formes de discrimination.

Le 1er mai est toujours aussi l’occasion de rappeler pour notre organisation notre attachement à la laïcité qui fait aujourd’hui l’objet de débats sur la nécessité d’une nouvelle loi. (crèche Baby-Loup)

Le principe de laïcité est pour notre organisation le respect de la liberté de conscience qui appelle à l’égalité de traitement entre tous mais aussi à une stricte séparation des sphères privées et publiques. (crèche Baby Loup notion de ce qui est « privé » ???)

Rappeler encore en ce jour du 1er mai que le rôle du syndicat est plus que nécessaire : défendre les garanties collectives et individuelles des salariés. « Egalité, justice et droits sociaux, salaires et consommation, actions et services publics » au lieu de « austérité, compétitivité, flexibilité ». Détermination, fermeté, responsabilité et indépendance, telle est et sera toujours notre organisation FORCE OUVRIERE.

Et comme nous avons toujours su le faire, nous saurons prendre nos responsabilités dans la négociation comme dans l’action.

Vive le syndicalisme libre et indépendant ! Vive la solidarité internationale des travailleurs ! Vive le 1er mai des revendications ! Vive la cgt FORCE OUVRIERE !