23 septembre 2010 Prise de parole FO

, par udfo79

Chers amis, chers camarades,

Déjà le 7 septembre nous étions extrêmement nombreux partout en France. Près de 3 millions ! Ce 23 septembre, les salariés du privé comme les agents de la fonction publique ont répondu massivement et sont à nouveau dans la rue. Tous ont compris qu’il fallait taper plus fort pour obliger le gouvernement à entendre et à voir ! Le gouvernement explique en effet que les mobilisations sur les retraites sont « normales ». M. Woerth dit précisément : « c’est une tradition sociale » ! Autrement dit, c’est un passage obligé qu’ils constatent mais dont ils n’ont pas l’intention de tenir compte. Oh, il y a bien les mascarades qui consistent à bouger quelques paramètres, à faire mine de, pour tenter de donner crédit à leurs interlocuteurs, ceux avec lesquels ils ont d’ores et déjà convenu du niveau acceptable de modification du projet de loi sur les retraites. Les salariés revendiquent autre chose ? Peu importe. Il y a ce qui est recevable et le reste n’est qu’agitation qui s’épuisera, pensent-ils ! Ils se trompent. Malgré les obstacles, la mobilisation n’a pas faibli et, bien au contraire, les salariés et les agents de la fonction publique, parfaitement conscients de l’enjeu, n’acceptent pas. Ils refusent de travailler plus longtemps et de cotiser plus longtemps, et pour notre organisation syndicale, ils ont raison. Parce qu’il y a d’autres solutions et que ce n’est ni aux salariés du privé, ni aux agents de la fonction publique de payer les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Le FMI et l’Union Européenne l’exigent ? Alors, M. Sarkozy, bon élève certes, bien qu’un peu indiscipliné, espère bien être au tableau d’honneur ! Alors il veut faire plus que les autres pays d’Europe. Et il entend bien, comme bon petit empereur qui se respecte, que tout le monde s’exécute. Certains interlocuteurs, sans doute époustouflés par tant d’audace, ne mouftent même pas. L’entourage du Président, qui a toute de même quelques espoirs pour 2012, est contraint d’accepter le comportement pour le moins désordonné du personnage parce qu’il faut satisfaire au-delà des marchés, son électorat impatient. Cependant, même au plus haut niveau, il devient difficile de tenir dans cette situation vacillante. C’est pourquoi dans cet équilibre instable on maintient en place même les plus controversés des ministres. Mais qu’on ne se trompe pas. Malgré les quelques concessions marginales, quelques mesurettes, le gouvernement poursuit la mise en œuvre de sa politique. Pire, il en rajoute remettant en cause toutes nos conquêtes sociales par exemple ses dernières décisions concernant la sécurité sociale. Il poursuit son œuvre de destruction des services publics avec la Révision Générale des Politiques Publiques et son train de suppressions de postes. C’est un véritable plan d’austérité qu’il met en place. Dans ces conditions, assez d’hypocrisie ! Ce n’est pas par des gesticulations qu’on pourra faire reculer le gouvernement ! Tout le monde sait que ce gouvernement ne cèdera pas si la mobilisation n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Alors que les débats parlementaires sont largement engagés, que déjà la semaine dernière, le 15 septembre, l’assemblée nationale a voté le projet, il n’est plus temps de s’interroger. Tout le monde sait que les manifestations saute-mouton, promenades et autres processions sont inefficaces. Le gouvernement les regarde passer, comme les vaches regardent passer les trains. Maintenant il faut passer à un cran supérieur. Il faut dire la vérité aux travailleurs. Pour faire aboutir nos revendications, pour gagner, il n’y a pas d’autre solution que d’y aller et d’y aller maintenant ! Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la grève ! La grève franche, interprofessionnelle, pour bloquer le pays, y compris, si les conditions sont réunies, la grève reconductible. Il n’y a aucun doute, une telle grève pour le retrait du projet de réforme des retraites, dans l’unité la plus large, obligerait ceux qui nous gouvernent à reculer. Chers amis, chers camarades, contrairement à ce que certains prétendent, les salariés sont prêts. Ils l’ont prouvé, ils le prouvent encore aujourd’hui. Il est donc maintenant de la responsabilité de toutes les organisations syndicales d’appeler clairement à la grève pour le retrait de cette réforme. Ceux qui s’y refuseraient porteraient une lourde responsabilité. Alors il faut partout agir, il faut que les organisations syndicales dans les entreprises, les administrations, les établissements scolaires, réunissent les salariés pour décider de la poursuite de l’action. Nous n’acceptons pas qu’on nous refasse le coup de 2003 ou de 2009. Souvenez-vous, tout récemment, l’année dernière, alors que les manifestations de janvier et de mars étaient énormes, les mêmes qui aujourd’hui s’opposent à la grève, ont multiplié les manifestations, en moyenne 1 par mois provoquant ainsi la démobilisation et petit à petit cet immense mouvement s’est terminé par des manifestations squelettiques. Aujourd’hui pour défendre les retraites, les travailleurs tiennent le pavé. Les organisations syndicales doivent tenir la route ! Encore une fois, il n’est pas d’autre issue que l’appel dans l’unité la plus large à la grève. Pour notre part, pour Force Ouvrière, il est temps. Nous y sommes prêts.

Jocelyne Baussant Secrétaire Général UD FO 79.