16 octobre 2010 Prise de parole FO

, par udfo79

Chers amis, chers camarades, En dépit d’une forte mobilisation contre la réforme des retraites, le chef de l’Etat et le gouvernement estiment que l’étau se desserre !! Si si incroyable mais vrai ! L’Elysée sent la victoire possible mais n’ose encore y croire ... selon une déclaration du Figaro. Soit ces gens là se choutent à la méthode Coué soit, ce qui est plus certain, ils ont perdu tout sens de l’appréciation qu’ont les salariés de leur politique. Ceci dit, quoi de plus normal quand on n’écoute plus les représentants syndicaux depuis des mois… Aujourd’hui, les faits nous donnent raison. La fermeté du gouvernement annoncée depuis le départ, reste entière. Question de principe sans doute. Alors, les salariés, et bien au-delà, qui eux, mesurent avec tout leur bon sens, qu’il n’y a d’autre solution que de durcir le mouvement, s’organisent et s’installent dans la grève. La SNCF, la RATP, l’Education Nationale, dans les raffineries, les dépôts de carburants, et maintenant le transport. Je souhaite ici souligner la détermination des camarades grévistes des transports BAUDOUIN qui ont rejoint La Rochelle depuis 3 nuits. Bravo à eux. Car oui, nous le savons bien, nous le disons depuis plusieurs mois, les manifestations ne suffisent pas. C’est par la grève que le gouvernement sera contraint de reculer. Ceux qui ont pensé qu’il en serait autrement doivent aujourd’hui se rendre à l’évidence et en tirer la conséquence. Même la tribune l’indique : 54% des français sont favorables à une grève générale, 68% des jeunes de 25 à 34 ans, les salariés du secteur public à 71% et les ouvriers à 70% ! et 66% des français pensent que la mise en place de la réforme des retraites est susceptible de déboucher dans les mois qui viennent sur un mouvement social important ou une paralysie du pays comme en 1995. Le conseiller social du Président indique de son côté que sur l’échelle de Richter des mouvements sociaux, les lycéens dans la rue, c’est un niveau d’alerte proche de 6 ou 7. Il accuse forcément une politisation de leur mouvement. Quel mépris de la jeunesse alors que tous le répètent, ils sont libres et surtout bien conscients de la situation que leur réserve le gouvernement en terme de précarité, de chômage. Dans le département, comment ouvrir des portes d’espoir d’emploi pour les licenciés en masse de la CAMIF ou d’Heuliez après 2 ans de chômage et qui se retrouvent dans quelques jours sans indemnités ? L’urgence devrait être celle-ci ! Alors, décidément oui, les salariés qui décident d’entrer en grève, reconductible, ont raison. Il faut renverser la vapeur. Il n’est plus acceptable d’essuyer fins de non recevoir sur refus d’améliorer les salaires, les droits et conditions de travail ! Ces politiques ont braqué les salariés et toute la population. Personne ne peut plus accepter mépris, parodies de négociations, mensonges et autres volontés de régression sociale. Même les entreprises qui en ont les moyens rognent sur les droits, licencient, c’est le cas en ce moment même pour les salariés de chez Lapeyre qui s’exprimeront tout à l’heure. Après les retraites, le gouvernement l’a d’ores et déjà annoncé, c’est la sécurité sociale dont il aggravera les mesures pour les assurés, pour les patients, pour l’hôpital déjà fortement en danger et transformé en entreprise à rentabiliser, salariés compris ! Il l’a aussi annoncé, gel du point d’indice jusqu’en 2013 pour les fonctionnaires. Peut-on croire une seule seconde que ce soit un signe positif pour le privé dans lequel les accords et autres conventions collectives sont dénoncés ou stagnent depuis des années ? Alors, que les Assemblées Générales à venir, à l’hôpital, à la MAIF, chez Danisco-Rhodia, à la base de Gournay, j’en passe, déclenchent des mouvements de grève reconductible, personne n’en sera surpris ! L’étau que le Président prétend voir se desserrer, les DRH des entreprises eux le voient plutôt générer une tension sociale inégalée pour les mois à venir si aucune issue n’est trouvée. Ils ont raison ! Pour notre part, pour Force Ouvrière, nous n’avons aucunement l’intention de ranger nos propositions d’appel à la grève interprofessionnelle, pour gagner, pour obtenir le retrait de cette réforme. Nous soutenons tous les secteurs en grève, nous enjoignons les salariés à saisir cette période essentielle pour faire valoir leurs revendications. Il est temps, il est grand temps, il est encore temps. Que le gouvernement ne s’y trompe pas. Quand la détermination s’empare des grévistes, ceux-ci n’ont aucunement l’intention de perdre des jours de salaire pour rentrer bredouille ! Soutenons ceux qui sont déjà en grève, rejoignons-les. Nous gagnerons.

Jocelyne Baussant, Secrétaire Général UD FO 79.